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Marie-Christine Abatte

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AUTOMNE 2020 : UNE DEPRESSION « SANISONNIERE »

Il s’agit plus d’un néologisme qu’une faute de frappe. En effet, entre la crise sanitaire créée par la pandémie, la morosité ambiante qui en découle, et l’entrée dans la saison « triste », l’automne 2020 s’annonce particulièrement déstabilisant pour le plus grand nombre d’entre nous, sur le plan émotionnel et psychologique.

Depuis le changement d’heure, les jours raccourcissent et la nuit arrive plus tôt, le soleil se voile, le mauvais temps s’installe. Nous avons l’impression de voir de moins en moins la lumière, les températures baissent progressivement, les feuilles tombent. 

Chaque année, c’est un français sur dix[1] qui souffre du manque de luminosité naturelle et de la baisse de vitamine D qui en résulte sur l’automne et l’hiver. 

Les symptômes à caractère dépressif durant cette période correspondent à ce que l’on nomme la « dépression saisonnière ».

Mais cet automne-hiver 2020 s’annonce bien plus pesant, puisqu’aux troubles saisonniers vont se superposer les effets du deuxième confinement et du contexte de crise sanitaire mondiale.

 

Pressions et dépressions

Dans les symptômes communs de la dépression « classique » et de la dépression « saisonnière », nous retrouvons : Une baisse sensible de l’énergie et de la motivation, de la tristesse et des troubles de l’humeur, une fatigue durable et un sommeil peu réparateur, une diminution de la libido et un isolement social.

Un épisode dépressif classique entraine également l’apparition d’idées « noires » à morbides, une capacité décisionnelle amputée voire empêchée, et la diminution de la recherche de plaisir. 

La différence avec la dépression saisonnière se situe au niveau somatique ou neuro-végétatif : si la dépression « classique » entraine une perte de l’appétit et de poids, avec une diminution du sommeil, la dépression « saisonnière » provoque à contrario une augmentation de l’appétit, avec une appétence particulière pour les graisses et le sucre, une prise de poids, ainsi qu’une envie de dormir plus longtemps qu’à l’accoutumée[2]. Nous ressentons plus ou moins ces perturbations saisonnières en fonction du degré de sensibilité personnel ; ces phénomènes sont désagréables, mais à cela rien d’anormal.

Cependant, en cette période de deuxième confinement, les choses se compliquent : les mesures de restrictions sociales et sanitaires, la crise économique et le climat dépressiogène majore la baisse de moral transitoire. Pour le chercheur en psychologie sociale Christophe Haag  « en temps normal, on a une pensée négative toutes les deux secondes, en ce moment, elles arrivent en continu et avec une plus grande intensité ; elles s’ancrent plus durablement dans le cerveau. » Effectivement, la diffusion quasi permanente sur les médias d’actualité et les réseaux sociaux des nouveaux chiffres de contaminations, des nouvelles mesures, restrictions, voire sanctions, des informations et données, tout cela épuise le moral et empêche de se reposer. La charge émotionnelle augmente, en fréquence et en intensité, « les émotions toxiques viennent consommer le potentiel d’attention qu’on ne peut alors plus mettre dans d’autres tâches[3]». La charge mentale[4] et émotionnelle, les ruminations, frustrations ou les sentiments d’empêchement et d’injustice, entrainent une chronicisation de l’état de fatigue : Nous devons veiller à éditer une attestation de déplacement, prendre un masque, surveiller les distances entre les individus rencontrés, respecter les mesures barrière, sans parler de la gestion concernant les enfants et leur scolarité[5]… Le cerveau sature.

 

Confinement rose 

Le confinement d’avril avait permis à certains de profiter de leur jardin et de la nature, des fleurs, du jour jusqu’à presque 22 heures ; des barbecues, des bains de soleil, de la piscine, du jardinage, du bricolage et de la pâtisserie, du sport et des jeux de plein air, ou tout simplement de l’air et de la lumière du printemps. Pour d’autres, le confinement de mars-avril était empreint d’opportunités, faire des activités avec ses enfants, passer du temps avec eux, son conjoint, se laisser porter par des journées à rallonge sans la pression des horaires et du temps. 

D’aucuns ont avoué s’être redécouverts eux-mêmes, leur famille, leur couple. Favorablement ou défavorablement… Pour d’autres encore, la centration sur soi a favorisé une redéfinition des priorités, des valeurs, de ce que l’on voulait vivre dans ce que l’on a appelé « le monde d’après ». De nouveaux projets de vie ont muri, il a été question de déménager, de changer de région, de vie personnelle et professionnelle, de milieu, de contexte, de métier, d’entourage, de voisins, parfois de conjoint, et de se focaliser sur ce qu’il y a d’important. Il y avait aussi de l’enthousiasme à « sauver des vies » en adoptant une attitude responsable, à respecter les mesures et à soutenir les professionnels mobilisés par la crise.

 

Confinement gris

De l’autre versant, les sociologues ont mesuré les tensions et les aggravations des inégalités sociales, la précarité accrue, mais aussi la très conséquente différence entre les français qui possèdent un jardin, un extérieur, et des liens sociaux, avec les français des classes dites « populaires et urbaines », confinées dans de petits appartements, des cités, ou des logements sociaux.

Les économistes et les prévisionnistes ont constaté les dommages de la crise économique, souligné les incertitudes sur l’avenir et l’emploi _ de ce qu’ils qualifient de « plus grande récession de l’histoire moderne de notre pays » _ après les 55 jours du premier confinement national, et plus globalement la crise sanitaire du printemps et ses prolongements d’automne. 

Les psychologues et psychiatres, de leur côté, ont pu observer chez une partie des français, les impacts et les dégâts psychiques du premier confinement et de la période qui a suivi. Le climat anxiogène des confinements est à corréler avec les pertes de repères, tout particulièrement pour les personnes fragiles, favorisant l’apparition et le développement de troubles psychiques qui _ dans un contexte moins délétère _ ne se seraient pas ou peu manifesté. Ces professionnels de santé mentale ont souligné les accroissements de comportements à risques, les consommations accrues de psychotropes, stupéfiants et alcools, les augmentations de cas de violences physiques, morales, ou sexuelles. « Le nombre de personnes touchées par un état dépressif a [d’ailleurs] doublé entre la fin du mois de septembre et début novembre[6] », selon le directeur général de la Santé Jérôme Salomon.

Il a été question depuis des mois de guerre, de dettes, de masques, de mesures-barrière, de confinements, de couvre-feux, de limites, de fermetures de lieux de convivialité et de culture, de commerces et d’entreprises… L’irritabilité, la fatigue et le stress s’installent, les émotions _ la colère, la frustration, l’injustice, parfois l’inquiétude d’être contaminé _ malmènent les esprits, à fortiori chez les personnes les plus vulnérables ou les moins avantagées.

 

Brouillard mental 

En cet automne 2020, nous le remarquons, il est plus difficile de travailler ou télé-travailler, de se concentrer, de mémoriser. Les émotions consomment de l’énergie dans notre cerveau, les sujets de conversation tournent fréquemment autour de l’épidémie, les pensées aussi. Cela impacte forcément les capacités et la productivité.

C’est ce que l’on nomme parfois le « brouillard de cerveau », ou « brouillard mental », une fatigue intellectuelle associée à un sentiment de confusion, de manque de clarté mentale et de concentration. Là encore, les psychologues alertent sur certaines conditions de télétravail et leurs conséquences, s’appuyant sur les constatations du premier confinement[7].  En plus de l’impact sur le moral, de nombreux télétravailleurs se plaignent de douleurs dorsales, d’un mauvais rythme ou qualité de sommeil, une moins bonne hygiène alimentaire, de maux de tête, une lassitude et une fatigue tendue globale. Les conditions et les équipements pas, ou peu adaptés, l’hypersollicitation[8] cognitive du télétravail prolongé et à temps plein, l’utilisation des écrans pour travailler mais aussi pour se divertir, les horaires extensibles, la disparition de la frontière vie personnelle et travail, la saturation informationnelle, voire parfois des préoccupations financières _ tout cela cumulé à l’impact du traumatisme du premier confinement _ le risque de surmenage psychique chez les travailleurs est réel.

 

De nombreux chercheurs en psychologie, psychiatrie, neurosciences se penchent actuellement sur les impacts à moyen et long terme des confinements et restrictions de cette année 2020. 

Les psychologues et professionnels de santé mentale ont été autorisés à poursuivre leurs activités et leurs suivis pendant les confinements[9], en distanciel ou à défaut en présentiel. Leur action a été déclarée indispensable par les autorités pour permettre à chacun de déposer et d’évacuer les inquiétudes et les angoisses. Nous soignons les traumatismes, les stress, les relations, les tensions, les troubles du comportement, les problèmes émotionnels ou existentiels… Quand « la tête est pleine » de pensées, d’émotions, de croyances, d’informations de toutes sortes, il convient de demander de l’aide pour déposer ce que l’on ressent, supporter la solitude, l’isolement, gérer le stress et l’anxiété. S’il existe de nombreuses sources de stress du quotidien _travail, couple, enfants, orientation etc… _ cela se cumule à ce deuxième confinement qui semble plus lourd que le premier. Et les autorités de redouter « la 3e vague, celle de la santé mentale[10] ». 

Être accompagné par un psychologue pour prendre du recul, s’interroger, s’ajuster pour aller de l’avant et sortir de l’obscurité et de la vacuité inédites du moment présent parait indispensable. Cela s’avère d’autant plus crucial en cette période de crise pour se diriger, peut-être, vers une conscience et une « croissance post-traumatique[11] ».

 

---- Marie-Christine Abatte ----

Psychologue & thérapeute émotionnelle

 

[1] https://sante.lefigaro.fr/actualite/2015/10/16/24227-depression-saisonniere-touche-personne-sur-10

[2] Source : https://www.lareponsedupsy.info/

[3] Citation de Christophe Haag : https://madame.lefigaro.fr/bien-etre/stress-fatigue-difficultes-pour-travailler-impact-de-lepidemie-de-covid-231020-183150

[4] La charge mentale est un terme qui s’est récemment popularisé pour désigner la charge cognitive, invisible, que représente l'organisation de tout ce qui se situe dans la sphère domestique : tâches ménagères, rendez-vous, achats, soins aux enfants, etc. La charge mentale incombe, le plus souvent, en très large partie, aux femmes. Le concept de charge mentale a été introduit en 1984 par la sociologue française Monique Haicault.

[5] Dans le cadre de ce que l’on nomme la « continuité pédagogique ».

[6] De près de 11% des personnes interrogées au début de l'automne, le chiffre a bondi a près de 21%, soit un Français sur cinq concerné. " La crise sanitaire du Covid-19 a révélé la vulnérabilité psychique de nombreux Français", a expliqué mardi soir Jérôme Salomon.  

Parmi les populations les plus touchées figurent notamment les jeunes âgés de 18 à 24 ans, les inactifs ou encore les personnes en difficultés financières. https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/confinement-nouvelle-vague-de-depression-depuis-un-mois-1605679815

[7] Ce constat concerne en particulier les travailleurs des entreprises moins bien préparées au télétravail, ou chez celles qui n’avait pas ou peu d’antériorité en matière de télé-activité.

[8] Voir les travaux de l’Université de Toulon : https://www.univ-tln.fr/Fatigue-mentale-un-facteur-pouvant-favoriser-les-comportements.html et ceux de l’Université de Liège (Belgique) : https://www.news.uliege.be/cms/c_11737830/fr/sommeil-fatigue-memoire-l-impact-du-confinement

[9] « Suite à l’interpellation du Ministère de la Santé par la FFPP et en cohérence avec les recommandations de notre premier communiqué, F. Bellivier, Délégué ministériel à la santé mentale, et à la psychiatrie nous confirme la possibilité d’ouverture des cabinets de psychologues […] »  Voir aussi SNP Syndicat National des Psychologues www.psychologues.org

[10] Le ministre de la Santé Olivier Véran a visité ce mercredi 18 novembre, une plateforme d'écoute à Paris, destinée aux jeunes de 12 à 25 ans. "Nous voulons éviter une troisième vague, qui serait une vague de la santé mentale pour les jeunes et pour les moins jeunes", a déclaré le ministre à l'issue de cette visite. https://www.rtl.fr/actu/politique/coronavirus-une-troisieme-vague-serait-celle-de-la-sante-mentale-dit-veran-7800925087

[11] Magazine Cerveau & Psycho : https://www.cerveauetpsycho.fr/sd/psychologie/peut-on-sortir-renforcee-dun-trauma-20274.php

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SENIORS ET TRAVAIL : ENTRE CLICHES, RISQUES ET OPPORTUNITES

Alain Delambre, est le héros de la série « Dérapages », produite par la chaîne Arte, dans laquelle Eric Cantonna interprète le rôle d’un sénior de 57 ans, ancien DRH et licencié il y a six ans pour son âge trop avancé. 

Dans le synopsis de la série, Delambre enchaîne les petits boulots qui le malmènent, avec la peur de la précarité, et un profond sentiment d’injustice. 

Dès les premières minutes, le personnage propose sa définition : « Un sénior sur le marché du travail, c’est le dernier type qu’on embauche quand il y a du boulot, et le premier qu’on vire quand il y a une charrette… ». (Delambre)

Un autre film avait déjà dénoncé en 2015 la difficulté des séniors en matière d’emploi, « La loi du marché », dans lequel Vincent Lindon _ primé pour son interprétation _ incarne Thierry Taugourdeau, 51 ans, vigile dans un supermarché après 20 mois de chômage, un emploi qui le met en insidieuse souffrance morale et éthique. 

Alors, comment dépasser et lutter contre les images péjoratives qui collent à la peau des séniors en France ? 

L’âge en 2020, comment en parler ? S’afficher sénior ou le dissimuler ? 

Quels risques pour la santé mentale face aux stress en milieu professionnel pour les séniors ?

 

Entre clichés et fake-news

Une représentation en psychologie, est une image mentale mémorisée que l’on se fait à propos d'une situation, d'un objet, d'une personne, d'un concept, etc… On parle de « représentation mentale ». Les représentations mentales _ déformées ou erronées _ les stéréotypes péjoratifs concernant les « séniors » (comme pour les « juniors » d’ailleurs ) ne manquent pas : En effet, l’image qui leur colle à la peau est encore, en France, assez figée et péjorative. 

Parmi les clichés ou étiquettes difficiles à décoller, voici un rapide petit florilège : « Les séniors s’adapteraient mal au virage numérique ou aux nouvelles technologies », « ils résisteraient aux changements », « ils auraient fréquemment des problèmes de santé » et « colleraient mal à l’image dynamique de l’entreprise » ; « ils seraient difficiles à manager, notamment par plus jeunes qu’eux », « ils auraient des prétentions salariales trop élevées »,  « ils auraient du mal à se remettre en question », et vivraient dans le passé du «  c’était mieux avant »…

 

Un « sénior » qu’est-ce que c’est ?

Pour les politiques de l’emploi, et en l’absence de critère précis ou de définition officielle, le terme de « sénior » désignerait « un actif de + de 45 ans ». Et oui… Les difficultés d’employabilité de cette catégorie de professionnels ont conduit les pouvoirs publics à mettre en place depuis plusieurs années des mesures spécifiques visant à favoriser leur retour et leur maintien dans l'emploi[1]. En effet, le taux de chômage des 60 ans et plus a triplé en une décennie, ils sont aujourd'hui quinze fois plus nombreux[2] à rechercher un emploi. Le taux d’emploi des 60-64 ans, lui, demeurait faible soit 29,2 % en 2017 selon les statistiques INSEE[3]. Selon le rapport Solidarités nouvelles face au chômage de 2019, c’est 42% des Français de 60 ans qui sont en emploi[4]

Alors, « l’âge », de quoi parle-t-on ? Dans les âges de la vie[5], il est possible de distinguer :

  • L’âge chronologique, à savoir le nombre d’années écoulées depuis la naissance de l’individu,
  • L’âge biologique, qui tient compte de l’état général, consécutif à l’état de santé et au vieillissement de l’organisme,
  • L’âge psychologique, lié aux représentations de l’individu sur lui-même, de l’évolution de sa personnalité, des changements dans ses désirs et ses motivations, du fonctionnement cognitif (processus sensoriels, mémoire, perceptions, apprentissages…)
  • L’âge social, lié au regard d’autrui, impliquant les relations et rôles de l’individu dans sa famille, dans la société,
  • L’âge subjectif, l’âge que cet individu se donne en se comparant à d’autres personnes,
  • L’âge fonctionnel, lié aux capacités à fournir un travail physique, intellectuel ou social.

Aux Etats-Unis, il n’existe aucune loi ni aucun âge limite pour travailler. Là-bas, c’est 20% des personnes en âge de prendre leur retraite qui continuent à travailler, et l’on dénombre près de 300 000 de ces travailleurs âgés qui ont plus de 85 ans ; le plus souvent par nécessité économique.

La question à se poser serait donc de savoir quel âge avons-nous et pour qui… ?

 

Stress au travail, Burn-out… les séniors aussi

Le Burn-out est la pathologie liée au travail la plus connue. Elle découle d’un stress chronique et d’un épuisement professionnel, résultant d’une charge de travail trop lourde ou inadaptée, et d’un faible soutien social. Selon l'INRS, le stress au travail touche plus d'un salarié européen sur cinq, tous secteurs d'activité confondus. Les risques sont identifiés, notamment à court terme, comme les maladies cardio-vasculaires, le dérèglement du sommeil et des rythmes biologiques, et la dépression.

Ce qui est nouveau, c’est qu’une étude finlandaise révèle les conséquences à très long terme des stress élevés en milieu professionnel. Les résultats viennent d’être publiées dans la revue Age and Aging, ils concluent que le stress professionnel pourrait laisser des marques à vie[6]. « A notre connaissance, aucune autre étude prospective ne s'était penchée sur les effets à long terme des tensions physiques et psychologiques sur le volume total d’hospitalisations sur un échantillon représentatif de sujets âgés ». Ce qui est mis en évidence dans cette étude, ce sont les taux d'hospitalisation plus importants (tout particulièrement après 65 ans) chez les personnes ayant été victimes d'un stress important dans leur vie professionnelle. Il s’agissait ici d’une évaluation du rapport entre les résultats exigés par la hiérarchie, et l’autonomie dont disposait l'employé quant au contrôle sur son propre travail.

Les résultats de cette étude sont d'un grand intérêt en termes de santé publique : A la fois parce que les exigences du monde du travail augmentent et que la main-d’œuvre vieillit. C’est tout particulièrement vrai dans le monde occidental où l’âge de la retraite recule progressivement.

 

« Le placard sous l’escalier[7] »

Dans certaines grandes entreprises, les services des Ressources Humaines qualifient les salariés séniors de « collaborateurs en 2e partie de carrière ». Une plus ou moins élégante façon de désigner ceux qui se dirigent vers… la sortie. Nombreux sont les séniors en entreprise, notamment chez les cadres à lutter ou à vivre une mise à l’écart, radicale ou discrète. Un article de 2019 sur le site Les Echos Executive[8] « Seniors : sortez-les du placard ! », raconte de malheureuses expériences de cadres ou middle-cadres dès l’atteinte de la cinquantaine. Dans une sorte de glissement, ils constatent que certains dossiers leur sont retirés pour être confiés à d’autres, qu’ils ne sont plus conviés à certaines réunions, qu’ils sont moins formés, voire moins informés. 

Plus radical, certains se retrouvent transférés dans un nouvel espace de travail, au confort et prestige moindre dans le meilleur des cas, coupés de leurs collègues habituels ou de leur équipe, seul et sans activité significative dans le pire. Il s’en suit une sensation d’isolement, de mise sur la touche, d’abandon et de rejet. Et en l’absence d’activité majeure et de sens, c’est le bore-out[9] qui menace : Démotivation, état anxieux, morosité, sentiment d’inutilité et dévalorisation de soi… avec sur le long terme une détresse psychologique conséquente.

 

Panne de sens 

Moins connu que le burn-out, le « brown-out » touche de plus en plus de salariés. La traduction de brown-out serait une « panne de courant » en quelque sorte.  Ce syndrome guette notamment les séniors (mais pas qu’eux) en entreprise, privés de missions stimulantes, et qui se retrouvent à devoir réaliser des tâches absurdes, ou sans intérêt. L’investissement se dégrade, l’envie pour l’activité disparait. Le salarié-sénior se demande si son travail a encore un sens. Son état psychique s'affaiblit et son investissement quotidien se dégrade. Plainte, évitement, lassitude et fatigue chronique… La panne de courant touche aussi les collaborateurs « matures » contraints de réaliser des activités dénuées de sens ou contraires à leurs valeurs ou leurs convictions. Des « bullshit jobs », comme les a qualifiés l’anthropologue américain David Greaber, premier à dénoncer ce mal qui touche surtout les cadres. André Spicer, un professeur britannique en comportement organisationnel et Mats Alvesson, un professeur suédois en gestion des entreprises, ont mis en perspective ce nouveau mal psychologique[10], en 2016, dans leur ouvrage intitulé “The stupidity Paradox”. Une vraie crise existentielle qui peut aussi avoir des impacts sur la vie personnelle.

Et la solution se trouve souvent vers la nécessité de quitter l’entreprise pour se reconstruire et se réinventer, même après 60 ans.

 

On the road again

Pour bien vivre ses vingt années de vie professionnelle qui restent avant l’âge de la retraite, que faut-il faire alors ? « Tenir-prise » ? « Lâcher-prise » ? Accepter l’impermanence et anticiper, avant une éventuelle ou potentielle indésirabilité vécue au travail ?

De nombreuses solutions existent, mais ce sont des questions dont viendront le salut et l’issue : Qu’est-ce que l’on veut vivre aujourd’hui et demain dans sa vie professionnelle et personnelle ? Qu’est-ce qu’on ne veut plus ? Quels aménagements sont nécessaires par rapport à sa situation personnelle ? A-t-on encore des rêves ? Des envies ? Qu’est-ce que l’on est prêt à accepter ? Et ce que l’on refuse ? 

De plus en plus les post-50 ans sont motivés par une réalisation de soi qui passe par la liberté et l’autonomie. Avec la maturité et les questions de sens, de nombreux « séniors » se lancent dans une activité indépendante.

Selon l’INSEE, près de 16 % des créateurs d’entreprises aujourd’hui ont au moins 50 ans. Si l’absence d’emploi peut expliquer ce choix, ce n’est pas le premier. Le besoin d’indépendance serait en effet le premier levier de ce que l’on appelle aujourd’hui l’essor du « senior-entrepreneuriat ». La micro-entreprise et ses modalités séduit d'ailleurs chaque année plus de séniors. 

En effet, c’est en termes d’opportunités qu’il faut regarder le chemin qu’il reste à faire, jusqu’à l’âge de la retraite, mais aussi bien après ! L’activité indépendante est plus aisée pour les séniors, notamment par l’expérience acquise, le réseau professionnel, et plus globalement tous les atouts propres aux actifs d’un certain âge !

 

Raisonner en termes d’opportunités change l’approche de l’âge « senior ». En cabinet nous nous centrons sur ce nouveau chemin, intérieur et extérieur, avec sur le trajet, un zoom sur ce qui nous intéresse vraiment aujourd’hui, la place de l’activité dans notre vie, ce que l’on a envie d’apporter et de s’apporter, ce qui nous rend fier et en joie…

Et surtout, surtout, ce pour quoi on a envie de se lever le matin.

 

---- Marie-Christine Abatte ----

Psychologue & thérapeute


 

[1] Au début de l'année 2019, seul un senior sur deux avait un travail. […] Sur un total de 3,36 millions de demandeurs d'emploi inscrits au troisième trimestre en catégorie A en France, 900 000 ont de plus de 50 ans.  https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/reforme-des-retraites-ces-chiffres-qui-illustrent-la-precarite-des-seniors_2111461.html

[2] Selon 20 Minutes, soit 330 000 contre 20 000 en 2008.

[3] Source : https://www.insee.fr/fr/statistiques/3582878

[4] Source : Magazine Notre temps

[5] https://www.presanse.fr/wp-content/uploads/2019/02/GUIDE_MIEUX_VIEILLIR_AU_TRAVAIL_N%C2%AF1.pdf

[6] En pratique les chercheurs de l'Université de Jyväskylä ont basé leur travail sur des données recueillies auprès de 5625 employés du secteur public finlandais. Agées de 44 à 58 ans au début de l’étude, ces personnes ont pu être suivies durant vingt-huit ans. Les chercheurs ont relevé le nombre de jours d'hospitalisation dans les différents registres des hôpitaux du pays. Les participants avaient auparavant rempli un questionnaire permettant d'évaluer quel pouvait être leur niveau d’exposition au stress physique (transpiration, essoufflement, fatigue musculaire, troubles musculo-squelettiques, etc.) et psychologique.

[7] Adresse du héros « Harry Potter » pendant les 11 premières années de sa vie  "Cupboard under the stairs 4, Privet Drive Little Whinging Surrey "

[8]De valérie Landrieu du 07/10/2019 https://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/ressources-humaines/gestion-de-carriere/0601963726941-seniors-sortez-les-du-placard-332220.php

[9] Le bore-out concerne une sous-charge de travail. Il s’agit d’un épuisement professionnel par l’ennui. En effet, c’est le manque de travail et l’ennui qui conduit les salariés à un bore-out. N’ayant plus de défi à relever, ni d’objectif à atteindre, le salarié se désintéresse pour son emploi, c’est pourquoi il se frustre et se renferme. https://www.droit-travail-france.fr/burn-out--bore-out--brown-out--savez-vous-les-differencier--_ad1584.html

[10] https://www.sante-sur-le-net.com/brown-out/

Lire l'article  

POIDS ET SURPOIDS, UN MESSAGE CRYPTÉ

Vous avez été nombreux à manifester votre intérêt pour l’article sur les kilos émotionnels (Le pli du psy, juin 2020). Nous y avions souligné les liens intriqués entre la dimension émotionnelle et affective, le corps et les kilos indésirables. 

Comment écouter ce corps ? 

Quels messages derrière une situation de surpoids, quels freins, quels blocages ?

Ces questionnements contribuent à la prise de conscience des échanges qui existent entre le cerveau, les organes, et le psychisme, et qui participent ou déclenchent la prise de poids.

Beaucoup de facteurs entrent en jeu dans l’approche du surpoids : le rapport à soi et à son image, à la nourriture et à son histoire ; l’image que l’on donne ou que l’on souhaite donner à autrui, mais aussi la fonction biologique du volume de la silhouette et la graisse.

Dans les accompagnements thérapeutiques sur le rapport à soi et au corps, je propose aux personnes qui consultent de s’interroger sur les messages de ce corps, d’en autoriser une lecture complémentaire pour se com-prendre (se prendre avec soi) différemment. 

Décryptons quelques-uns de ces messages. 

 

Une ressource contre l’adversité

Le tissu adipeux ou tissu graisseux, est l’un des plus grands réservoirs à énergie du corps humain. Chez tous les mammifères, le tissu graisseux est nécessaire à la survie. Lorsqu’un individu se retrouve en manque d’aliments, il va perdre une importante partie de cette graisse, car l’organisme doit utiliser ces tissus pour produire de l'énergie et entretenir les fonctions vitales (système nerveux, muscle cardiaque…). 

Le cerveau qui reconnait la privation ou la sous-alimentation va réagir de la famine vers la survie. Mais il est aussi important de comprendre qu’il ne fera pas la différence avec la sous-alimentation volontaire du régime, que le corps et le cerveau interpréteront également comme une famine. En réponse, les prochains apports de nourriture seront sur-stockés pour éviter d’être pris au dépourvu lors de la prochaine pénurie, qu’elle soit subie ou intentionnelle. 

 

Soutenant et soutenu

Le tissu adipeux a un rôle de soutien. Physiologiquement la couche graisseuse est répartie dans le corps pour protéger certaines zones fragiles ou à défendre. Ce tissu adipeux _ dit « de soutien » _ est présent dans l'orbite des yeux, les plantes de pieds et les paumes des mains, dans le but d'amortir les chocs. Il est aussi intéressant de remarquer que ces tissus sont quasiment insensibles au jeûne. En effet, en cas d’importante perte de poids, ces zones adipeuses seront les dernières à s’atrophier.

D’un point de vue psycho-émotionnel, cela renvoie à interroger le sentiment d’être (ou ne pas être) soutenu(e) dans sa vie, voire d’être soi-même un soutien pour autrui. Emmagasiner du tissu de soutien est aussi un réflexe psychique en lien avec le vécu émotionnel, pour pouvoir apporter plus de soutien à autrui. Dans ma pratique j’ai d’ailleurs rencontré des sujets _ majoritairement des femmes, en surpoids _ « piliers de famille » _ sur qui les proches « se reposaient » singulièrement. Des personnes « fortes » qui devaient le rester pour tout assumer, ou ne compter que sur elles-mêmes. Je pense à Celia[1] que j’ai reçue au cabinet, maman de 4 enfants, qui s’occupe également de sa maman et de sa belle-maman, âgées et dépendantes toutes les deux, tout en tenant la comptabilité de son conjoint, artisan du bâtiment. 

 

Coussin de sécurité

Dans la nature, il existe une stratégie défensive pour impressionner l’adversaire ou le prédateur, et qui consiste à apparaître sous un volume décuplé (félin, poisson-globe…).  Ainsi, le surpoids pourrait augmenter la dissuasion et la protection, une mise à distance pour tenir éloignés _ réellement ou symboliquement _ ce/ceux qui pourrait/aient potentiellement ou à nouveau nous blesser. 

Parfois la localisation graisseuse est un indice (ceinture abdominale, cuisses…), car c’est pour créer un coussin protecteur que le tissu adipeux stocke _ comme pour former une cuirasse de kilos _ à un endroit précis. Le surpoids peut aussi constituer une réponse du corps à un choc ou un stress important, un manque émotionnel ou affectif, une absence. Le nombre de kilos peut représenter un autre indicateur intéressant : C’est le cas d’Annaëlle, dont la sœur est décédée accidentellement à l’âge de 19 ans, et qui présente un surpoids de 19 kilos _ concordance exacte avec le nombre d’années _ correspondant à la perte de cette personne si chère. 

 

Identité sexuelle

Il existe une différence biologique entre le corps de l’homme et la femme, la femme présentant en moyenne 20% de graisse en plus que l’homme. Biologiquement et morphologiquement, il est question de la reproduction et de la maternité, afin d’avoir des réserves pour porter un enfant et le nourrir. Ce tissu adipeux sert en effet à nourrir le fœtus en cas de restriction de l’apport calorique durant la grossesse. La graisse féminine et les rondeurs sont situées plutôt sous la taille ; le « volume » de l’homme se concentre généralement de la taille vers le haut du corps, pour lui assurer la force et la capacité de défense de sa famille. 

Être féminine signifie donc pour le cerveau archaïque, graisse, formes et rondeurs. Lorsque l’on souhaite être plus féminine, nous envoyons inconsciemment au cerveau un message de plus de rondeurs, donc plus de graisse… pour être plus séduisante. Ici se télescope le désir de correspondre à des standards esthétiques du moment, avec la fonction biologique.

 

Manques affectifs, nourritures affectives

De nombreuses études ont soutenu le lien entre émotion et prise alimentaire[2]

Nous connaissons la sensation de vide, de manque, lorsque nous nous retrouvons seuls. Lorsque ce manque devient trop insupportable, nous ressentons le besoin de nous remplir, pour combler ce vide affectif ou sucrer un vécu difficile. Pour certains, les offres de livraison de repas à domicile _ si pratiques _ leur permettent de se faire livrer pizzas, tacos ou frites, plus facilement que de la tendresse, du contact, de l’écoute ou de l’amour. 

En droit, la définition juridique de « l’aliment » n’est-elle pas « la prestation dont l'objet est d'assurer les besoins de la vie quotidienne d'une personne, cette dernière ne pouvant pas ou plus assurer elle-même sa propre subsistance ». Il est intéressant de croiser la notion d’indépendance affective _ le moment où l’on n’a plus besoin d’être pris en charge, sans peur d’être séparé _ avec la notion d’indépendance alimentaire _ à savoir le moment où l’on n’a plus besoin d’être prise en charge pour assumer sa subsistance.

 

L’être humain possède une mécanique fonctionnelle élaborée et complexe, et des dimensions entrecroisées entre le physique, le psychisme, l’émotionnel, l’environnemental. La prise en charge de la dimension émotionnelle du surpoids, et par extension de l’image de soi, est donc essentielle.

Il n’est donc pas possible, ni juste de réduire le surpoids à une seule problématique d’ingestion de calories ou de mauvaises habitudes. Les approches intégrant le paramètre émotionnel sont nombreuses et intéressantes pour compléter l’approche médicale et nutritionnelle. 

Le mal-être peut être tantôt l’origine, tantôt la conséquence du surpoids. 

Au fil des consultations émergent des comportements-type, des « schémas », des modes habituels de comportement qui impactent notre identité, nos relations, notre carrière… On retrouve le rejet, la vulnérabilité, la recherche de perfection, la peur de l’abandon, des conflits ou de l’échec… C’est ce que nous travaillons au cabinet, vers la mise en conscience, y compris de la face cachée du surpoids, comme notamment les bénéfices inconscients à rester en surpoids. 

Il s’agit d’une énigme, recherchons ce moment où les choses ont basculé, pour retrouver l’origine émotionnelle de la prise de poids.

 

---- Marie-Christine Abatte ----

Psychologue & thérapeute

 


 

[1] Les situations citées dans cet article sont réelles, mais certains paramètres comme le prénom ont été modifiés.

[2] 86% de notre alimentation est régie par autre chose que les fonctions biologiques. (Voir étude du Pr DEL CASTRO, spécialiste de l’alimentation à Bologne, cité par A. JAQUIN-PIQUES, (2016) thèse de doctorat Sciences de la vie, université de Bourgogne « Etude du contrôle hédonique de la prise alimentaire par l’analyse des potentiels évoqués gustatifs »).

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