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Marie-Christine Abatte

L'apparence requiert art et finesse. La vérité, calme et simplicité.

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Psychologue du travail, formatrice, généraliste RH et consultante en entreprise, j'accompagne les professionnels et les futurs professionnels, vers la découverte d'eux-mêmes et de leurs futurs projets.

Psychologue émotionnelle et thérapeute, j'aide les personnes qui le souhaitent à retrouver du sens, un nouvel équilibre, un mieux-être, un développement ou une nouvelle direction dans leur parcours de vie.

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LE PLI DU PSY

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CROYANCES, MYTHES & PRÉJUGÉS, COMMENT ÇA SE PASSE (VRAIMENT) CHEZ LE PSY ?

Je reçois un monsieur qui a insisté au téléphone pour avoir un rendez-vous rapidement. Il indique vivre une séparation très douloureuse, subite et totalement incompréhensible pour lui, et avoir besoin d’aide pour traverser ce moment. 

Je lui propose une plage horaire d’une personne qui s’est désistée le lendemain après-midi, qu’il accepte avec empressement, soulagement et remerciements.

A son arrivée _ il s’était égaré quelques minutes auparavant dans les cabinets du pôle regroupant de nombreux professionnels médicaux, paramédicaux et thérapeutes_ ce monsieur est embarrassé et agité. Il hésite à entrer en expliquant s’être trompé, et qu’il « ne pensait pas avoir rdv avec un psy ». 

Les erreurs, les confusions comme les lapsus font partie de ce que l’on nomme les « actes manqués », et n’ont, bien entendu, rien à voir avec le hasard ou l’étourderie. Au contraire, l’origine d’un acte manqué serait selon Freud[1] un refoulement, marquant l’impact de l’inconscient dans nos vies et nos actions. Les actes manqués sont l’expression d’un désir qui se manifeste de façon détournée. 

 

Je lui propose toutefois de s’assoir un instant et de comprendre ce qui se passe. Ce monsieur a pris rdv sur internet _ où il est indiqué mon nom et ma profession, ainsi que mon site internet (thera-psy.fr), et nous avons échangé au téléphone sur le motif de consultation. Il insiste sur le fait que « les psys, il ne peut pas ».

Il poursuit en déroulant son argumentation : « Les psys c’est long, c’est trop long… Là je ne peux pas me le permettre, j’ai un boulot, faut que je tienne.  Et puis, j’ai déjà fait une dépression il y a quelques années, et j’ai vu des psychologues, des psychiatres… Ils ne m’ont rien fait. En plus ils ne parlent pas, je ne sais pas ce que je fais là. Je paye et en plus ils ne parlent pas ! J’veux voir quelqu’un…je voulais voir quelqu’un… j’ai une amie, elle a vu M. Untel, en une fois, et hop ! Fini. Moi, je ne viens pas pour parler pendant des heures, ou des années ...! »

Effectivement, j’ai raccompagné à sa demande ce monsieur qui n’était pas prêt. Il ne se disait déjà pas prêt à parler, même s’il n’a pas arrêté de parler avec un débit très accéléré, pendant ces minutes où je n’ai pratiquement pas pu ouvrir la bouche, et donc surtout pas prêt à écouter et à entendre. 

Pas prêt non plus à comprendre, à réfléchir et à agir : l’accompagnement thérapeutique ou le soutien psychologique est un travail à deux, avec le psychologue ou le psychothérapeute, et ce monsieur était en demande d’un « one-shot », un acte instantané voire magique, dans lequel il n’aurait pas eu à s’impliquer, ni à rentrer dans un questionnement. Pourtant, son discours indique qu’il revit des situations et des épreuves qu’il a déjà vécues dans le passé. 

 

Le mur

L’inconscient, lui, sait bien que la mise en réflexion est indispensable pour dépasser un moment douloureux comme une séparation. Les croyances ou les certitudes protègent, momentanément, de ce qui est désagréable et sous la surface. Parce que se sont mis en place des programmes inconscients qui brouillent la lecture de ce que l’on vit _ des programmes qui se sont installés depuis très longtemps parfois _ pour contourner ce qui n’est pas supportable par la conscience, nous éviter de se confronter ou d’affronter.

Les personnes que je reçois ont des histoires de vie différentes, mais toutes ces personnes ont la même intention : elles cherchent à comprendre et à dépasser leurs difficultés. Comprendre quoi, dépasser quoi, représente parfois une première étape ; mais elles agissent pour cesser de souffrir, aller mieux, et digérer leurs épreuves.

Il faut parfois du temps pour accepter le message profond d’un acte manqué, un aveu difficile, un service que l’on se rend à soi-même. Pour aller mieux il faut se confronter à ce qui fait souffrir, en étant soutenu. Ouvrir les yeux sur ce que l’on refusait jusque-là de voir. Je sais ce monsieur capable de s’en sortir, de se poser pour comprendre, dès qu’il y sera prêt.

 

Destins et répétitions

Incontestablement, le destin semble nous proposer ou nous imposer de mêmes événements ou des événements étrangement similaires, à des moments-clés de notre vie ou à intervalles quasi réguliers. Et nous replongeons dans les mêmes difficultés.

Même si chaque récit est différent, je retrouve dans les histoires des personnes que j’accompagne, les impacts ou les dégâts liés à de perpétuelles répétitions. Et que la chance ou la fatalité n’y sont que pour peu. Il y a ceux/celles qui se retrouvent avec les mêmes supérieurs hiérarchiques maltraitants ou collègues toxiques ; ceux/celles qui tombent amoureux(se) du même type de partenaire de vie, et qui leur fait (re)vivre les mêmes expériences difficiles ; les mêmes amitiés qui se comportent comme un membre de la famille ou un aïeul, ou qui se finissent de façon similaire, des échecs ou des problèmes de santé ou financiers récurrents etc. 

Ces personnes n’y peuvent rien, elles ne comprennent pas ce qu’elles font pour vivre cela, ni pourquoi leur déroulé de vie ressemble à un scénario se répétant en boucle et qui s’amplifie avec le temps. Ce sont des schémas répétitifs.

 

Les psys c’est pour les fous, ça dure des années, c’est cher, et ils ne parlent pas !

De mon côté, cette « erreur d’aiguillage » m’a permis de me pencher sur ce que cette anecdote m’invitait à resituer. En effet, je retrouve souvent sur les sites internet de mes confrères et consœurs psychologues, un petit laïus sur les clichés qui collent encore (mais heureusement de moins en moins) aux psys. J’aurais pu démonter moi aussi une à une chacune des représentations et croyances, et chaque cliché concernant les psys ; je préfère plutôt terminer cet article en proposant quelques lignes synthétiques sur mon approche singulière en cabinet. 

Je suis psychologue et j’accompagne et soutiens la personne en l’absence de troubles ou pathologies mentales, épisodes dépressifs sévères ou psychotiques, car j’adresse ces personnes auprès d’autres professionnels, notamment les psychiatres, dont c’est le métier et la spécialité. 

Les épreuves, les doutes, les confusions, les souffrances, les deuils, les blocages, les traumatismes, les échecs, les stress, font partie de la vie de chaque individu. Ce sont sur ces problématiques que je travaille avec la personne accompagnée, afin de l’aider à trouver ses ressources pour se sortir de ses difficultés. Il est important de préciser que les consultations avec un psychologue représentent un investissement sur soi et sur son bien-être intérieur, comme sur sa qualité de vie ou son bonheur. Certaines personnes ne regardent pas à la dépense dans la mode, les loisirs, parfois même dans des choses plus futiles, mais hésitent, voire rechignent à investir sur leur besoin de compréhension, de changement ou de sérénité, en n’allant pas consulter.

Je suis une psy qui parle et interagit avec la personne, tout en utilisant parfois le silence comme un espace proposé et libre, pour y déposer l’émotion, le besoin, la difficulté, la souffrance… 

Je m’autorise à ressentir, à compatir, à vivre des émotions et à les exprimer. Je peux sourire voire rire, ou être touchée. Et l’assumer, tout en renouvelant mon implication dans l’échange. 

Je dispose d’un canapé et de fauteuils, c’est la personne qui le plus souvent choisit là où elle a envie de s’assoir. Nous restons en face à face _ certes avec le masque et le respect des gestes barrière _ « en relation », dans un acte de partage et de travail. Je suis tenue au secret professionnel mais pratique l’intervision[2]. Il n’y a pas de « séance-type », de cloisonnement entre vie personnelle et vie professionnelle, qui sont naturellement imbriquées et interdépendantes. Je peux utiliser des méthodes ou outils thérapeutiques de type TCC ou thérapies courtes, voire ultra-courtes _notamment via l’hypnose de 2e génération _ des exercices, des supports, questionnaires ou autres, mais toujours dans une logique « sur-mesure », adaptée à chaque personne unique.

 

Je garde surtout à l’esprit « que le meilleur outil, c’est moi-même[3] » dans le travail réflexif que je propose à la personne. 

Ce travail s'amorce et se déroule en séance, il se poursuit aussi « en dehors », entre les séances et après, et même parfois longtemps, longtemps après la fin des consultations. 

Il m’arrive de croiser des personnes que j’ai accompagnées il y a 5 ou 10 ans, et qui me raconte la poursuite de leur chemin, et les résultats qu’elles ont atteints. 

Et cela fait du bien.

Rien ne disparaît instantanément, mais tout se travaille !

 

---- Marie-Christine Abatte ----

Psychologue, consultante & thérapeute

 

[1] Freud « Psychopathologie de la vie quotidienne » (1901).

[2] Intervision : des psychologues, praticiens et thérapeutes se réunissant en petit groupe pour soumettre leurs cas cliniques, leurs expériences, leurs pratiques à la discussion voire l’analyse.

[3] Citation de Susanne Peters, psychologue et consœur  https://www.susanne-peters-psychologue.com/

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KILOS ÉMOTIONNELS : L’AUTRE HÉRITAGE

L’alimentation est une fonction biologique et vitale. Depuis plusieurs années, j’accompagne des personnes qui ont essayé des méthodes pour brûler des calories, fait des régimes, du sport ou de l’exercice, mais se démotivent et reprennent leurs kilos indésirables. 

Petits ou grands, les troubles du comportement alimentaire font partie des nombreuses manifestations possibles d’un désordre affectif et du stress associé. Mon travail consiste à permettre d’apprendre à ces personnes la déculpabilisation et la patience, mais surtout la prise de conscience de la relation émotionnelle qu’elles entretiennent avec certains aliments. Et de se repositionner autrement.

Alors, comment sortir de l’engrenage qui ruine souvent tous nos efforts pour retrouver notre silhouette ? 

Comment envisager une nouvelle façon d’être en harmonie avec soi et se sentir bien ?

 

Chocolat, pâtisseries-maison ou industrielles, viennoiseries, crèmes glacées, chips, charcuteries, fromages… ce sont ces aliments vers lesquels nous nous tournons quand le blues ou l’ennui nous guettent. Et la période de confinement semble avoir « profité » à une majorité qui s’est laissée aller aux grignotages, apéritifs et aliments-réconfort. En effet, c’est pratiquement 60%[1] de la population française qui affiche une prise de poids sur les quasis 2 mois de confinement.

Effectivement, les images de caddies pleins à la sortie des supermarchés sont en lien avec les statistiques. Nous avons mangé plus, en plus grandes quantités mais aussi différemment. L’atmosphère de contrainte et de privation de liberté, de contact, d’activité et d’espace, conjuguée aux garde-mangers remplis, nous a fait compenser et surconsommer.

Nous avons pallié inconfort, déplaisir et limites… par des aliments-confort, des aliments-plaisir, en consommation presque illimitée. Selon l’étude de l’Ifop, la moyenne de prise de poids sur la période de confinement est de 2.5kg, mais nombreux sont ceux qui déclarent avoir pris 4 kg voire plus.

 

Ces moments d’alimentation-plaisir nous câlinent, nous apportent une sensation de plein/plénitude, de comblement, d’apaisement, comme le bébé qui s’endort repu après son biberon. Certains aliments sont connus pour agir sur les émotions tristes ou l’angoisse en les mettant sur « pause », comme le chocolat, l’alcool ou ce qui en contient, tous les sucres raffinés bien sûr, mais aussi les sucres lents _ issus du blé par exemple _ les produits laitiers… Malheureusement l’effet calmant est provisoire et agit en boomerang.

L’alimentation-bonheur est effectivement en lien direct avec les premiers mois ou années de la vie. Le lien mère-enfant se développe autour de l’acte de nourrir. Notre enfance tout entière est émaillée de moments de joie, de félicité, de récompense ou d’apaisement autour d’aliments qui nous ont marqués, aliments gras ou lactés, sucreries et douceurs en tout genre, des madeleines qui s’ancrent très tôt dans notre mémoire[2].

 

Antidépresseurs ou anesthésiants des chagrins et désagréments du quotidien, ce sont les « aliments-doudou ». Ils n’ont bien sûr rien à voir avec la faim. D’ailleurs l’industrie agro-alimentaire et les publicistes ne s’y trompent pas et entretiennent le phénomène de dépendance affective et émotionnelle.

Ces aliments-doudou, à eux seuls, constituent un ancrage émotionnel très profond, des programmations inconscientes et tenaces, et dont il est difficile de se débarrasser. Ces ancrages nous lient, voire nous ligotent au pilori des pulsions ou de certains comportements alimentaires. Ainsi nous retrouvons :

  • Le fait de se mettre à table lorsque l’on n’a pas faim (un comportement en lien avec l’éducation et les normes sociales)
  • Le fait de manger quand on s’ennuie (en lien avec des sensations ou sentiments de vide, de frustration et de peur du manque, avec au fond de soi la recherche de nourritures affectives)
  • Celui de finir son assiette alors que l’on est rassasié (là encore selon un principe de « bonne » éducation).
  • Et toutes les contraintes de l'enfance, associées à la table : Il y a ceux qui ont été « privés de dessert », ceux « sommés de finir leur assiette ou leur pain », ceux contraints de rester à table, « tant qu’ils n'ont pas fini les brocolis »…

 

En fait, ces automatismes sont des programmations alimentaires inconscientes, et souvent les véritables responsables du surpoids d’une personne. Suivre un régime pendant un mois, un an, avec la simple compréhension intellectuelle de ces phénomènes, ne suffit pas pour changer toutes ces programmations négatives. Les programmations inconscientes sont très résistantes et rémanentes, et puis, on se raconte parfois des histoires…

Les compulsions alimentaires, elles, sont certes généralement conscientes, mais elles entraînent un sentiment de culpabilité. C’est un cercle vicieux et verrouillant.

 

L’hypnose permet de travailler les ancrages négatifs de ces phénomènes. Ensemble nous travaillons sur les émotions, le mal-être, les peines ou le stress qui favorisent la prise de poids, pour libérer les ancrages vers certains aliments, consommés en excès pour leur effet anxiolytique. 

Au contraire, je propose à ces personnes une autre voie, respectueuse, celle de la bienveillance et d’une reprogrammation par l’hypnose des logiciels alimentaires souvent familiaux ou générationnels, ancrés dans l’inconscient. 

 

---- Marie-Christine Abatte ----

Psychologue, psychologue du travail & thérapeute

 

[1] Prise de poids chez 57% des Français, mis en évidence par un sondage Ifop pour Darwin Nutrition, une enquête au cours de laquelle 3 045 Français.es ont étés interrogés sur leurs habitudes alimentaires à partir du 17 mars 2020. https://www.darwin-nutrition.fr/actualites/alimentation-francais/

[2] « Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin, […] ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. […] Ces souvenirs abandonnés si longtemps hors de la mémoire, […] les formes – et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot […], l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, […] l'édifice immense du souvenir". Marcel Proust « Du côté de chez Swann » (1913).

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RETOUR AU TRAVAIL APRES LE CONFINEMENT : QUE VA DEVENIR LA PAUSE-CAFÉ ?

Nous l’avions évoqué dans de précédents articles, parmi ce qui nous a manqué dans cette période de confinement, il y a aussi ces grands « petits riens » liés au travail comme la pause-café. Et cela nous apparaît aujourd’hui comme encore plus essentiel et structurant, notamment sur le volet social de nos quotidiens professionnels. 

En effet, la plupart des articles rédigés à ce jour sur la place du café et de la pause associée, le classent en véritable rituel social d’entreprise, voire en institution dans de nombreuses organisations françaises.

Les travailleurs en télétravail durant le confinement ont bien sûr fait des pauses-café, mais avaient-elles forcément la même saveur ? 

A l’heure du retour au bureau, sur les chantiers ou autres lieux d’activités professionnelles, que va devenir ce temps si symbolique pendant la durée _ et après _ de l’application de la distanciation sociale, et des gestes-barrière ?

 

Have a break

Si la pause-café en entreprise est à l’origine, « une réaction au taylorisme pour affirmer que l’être humain n’est pas une machine », selon le sociologue Marc Loriol[1], elle signifie globalement faire un « break », une coupure. 

La pause-café est un des moments de la journée professionnelle qui signe le besoin de reprendre des forces en boostant ou en reposant le cerveau et le corps. 

Le Code du travail a d’ailleurs prévu ces pauses, l’article L3121-3 indique qu’un salarié a droit à une pause de 20 minutes toutes les 6 heures de travail[2].

Seul pris au poste de travail ou entre collègues, avec un hiérarchique ou un client, dans un thermos ou au distributeur, le café participe et rythme souvent le quotidien des travailleurs. Il créé du lien et contribue à l’entretenir, favorise l’épanouissement des équipes, la pause-café est un espace-temps où se noue et se créé des liens comme des conflits, des rencontres et des contrats, des potins comme des informations officielles.  Le café représente un support pour de nombreux échanges sociaux dans et hors entreprise, en effet, « le travail a besoin d’intégrer une dimension sociale, pour renforcer le sentiment d’appartenance à un groupe », explique Marc Loriol.

 

Une pratique rituelle

Dans les pratiques sociales de l’entreprise, le café est souvent positionné comme un « rituel » informel, essentiel à la vie en communauté. Le café est associé à la notion de cohésion sociale, de groupes, d’équipes, mais aussi à l’équilibre et à la stabilité de ceux-ci. 

La pratique rituelle du café, quel que soit le type d’entreprise, possède un sens symbolique (Lardellier[3], 2013). En service ou à 3-4 collègues, ces pratiques découpent et rythment la vie des individus au travail, facilitent la mise « au diapason[4] » des comportement à avoir _ ou ne pas avoir _ et la captation d’informations déterminantes à connaitre. Par cela, elles font partie intégrante du travail, de l’activité.

Certaines entreprises proposent un espace dédié à ces moments de pause, avec une machine à café automatique, ou procurent simplement une bouilloire et un breuvage caféiné lyophilisé. 

Ainsi, l’offre de boissons chaudes _ qu’elle soit payante, à tarif négocié, ou gratuite _ traduit indubitablement l’expression de la culture d’entreprise. En offrant le café à ses collaborateurs, l’entreprise travaille son image interne. Cet avantage en nature, au même titre que les tickets restaurant ou les véhicules de fonction, est toujours fortement apprécié par les collaborateurs.  

Il existe des pauses-café improvisées ou conduites par le travail lui-même (une réunion entre collègues dans un bureau par exemple), ou plus formalisées, quand les personnels se retrouvent de façon récurrente et aux mêmes heures tous les jours (en général le matin ou l’après-midi, et sur une durée définie et fixe). 

 

La machine à café : le laboratoire d’échanges

Dans certaines organisations où il est difficile de mettre le travail en discussion, où il n’y pas de temps de régulation et de débriefing, c’est à la machine à café que s’entretiennent les liens avec les collègues, les controverses, comme le dénouement de situations critiques. Si les sujets de conversation n’y manquent pas, leur teneur dépendra de la situation et de la culture de l’entreprise. 

Mais attention, il est indispensable de connaître les règles du « jeu ». Dans certains groupes ou organisations, il y a sur cet espace-temps des sujets qui fâchent, comme parfois… d’y parler boulot ! Les contrevenants se font rabrouer s’ils transgressent cette règle professionnelle invisible, ce que l’on appelle le « genre professionnel » en clinique de l’activité[5].

 

Les souris dansent…

A la pause-café collective, les sujets abordés dépendent globalement du contexte actuel de l’entreprise, autant que de la présence du manager direct ou du big one. 

Si des changements organisationnels sont en vue, ou que l’entreprise connait des difficultés structurelles ou financières rendant la situation des salariés incertaine, et si le manager n’est pas présent, les sujets de conversation tourneront autour de la stratégie et de la gouvernance de l’entreprise, ou encore des griefs sur des situations ou des pressions ressenties par les protagonistes. 

Les personnels donneront leur avis, feront des critiques et des hypothèses sur les décisions prises ou à prendre, ou encore laisseront ouvertes les vannes de la plainte ou de la critique, à l’endroit de l’employeur ou de son management, et exprimeront _ plus ou moins vertement _ des positions parfois fortes. 

Si le contexte de l’entreprise est favorable, les sujets professionnels pourront tourner autour de la sphère personnelle (le plus souvent les vacances, enfants, loisirs…), « la pluie et le beau-temps [6] » ; il pourra y être question de l’activité mais de façon plus légère, sur l’encours du moment par exemple, l’actualité des services, les projets de l’entreprise ; il sera également temps d’évoquer le programme de sa journée, les difficultés ou les blocages, les anecdotes, les idées, les pistes d’amélioration.

 

Et quand le chat est là…

« Pour 84% des salariés interrogés, la pause-café favorise aussi bien l’efficacité et le bien-être au travail que la création et le renforcement de liens sociaux[7] ». Pour le management ou les ressources humaines, le café intervient dans le sentiment d’appartenance, aussi près de 79% des salariés auraient estimé qu’il s’agit du moyen le plus efficace pour entretenir l’esprit d’équipe.

Lorsque le manager participe à la pause-café, les sujets relèvent de l’activité opérationnelle, ou de l’extra-professionnel uniquement. Les avis sur la stratégie de l’entreprise sont bien évidemment évités. 

Enfin, comme mise en images dans la série-culte « caméra-café », la pause-café devant le distributeur ou en salle de pause favorise le « décloisonnement », c’est-à-dire la facilitation des croisements et interactions entre des strates différentes de l’entreprise ; en effet selon 36% des salariés[8] cette pause se fait avec des responsables hiérarchiques. 

 

 « Tout commence avec un café [9] »

Les publicistes misent depuis longtemps sur la dimension émotionnelle du café, sa capacité réconfortante contre les petits et grands malheurs. Depuis « Pause-café[10] » les professionnels du secteur social au sens large connaissent bien le pouvoir du petit breuvage noir pour ouvrir le dialogue, et faire tomber les barrières émotionnelles. Partager un café avec un accompagné, un bénéficiaire, voire un patient, marque une pause dans l’évocation d’un vécu difficile, désamorce une situation de tension ou de mutisme, autorise de faire un pas de côté pour ne se centrer que sur l’écoute bienveillante de l’autre.

Le café est là aussi un rituel d’entrée et de clôture, qui signe l’ouverture de la relation et de la parole, comme le fait d’y mettre fin : « les accompagnements s’arrêtent toujours cinq minutes après le café ou la cigarette », (Charlotte[11], travailleur social en insertion). Il est aussi un rituel entre pairs, pour évacuer un excès de charge émotionnelle lors de l’entretien à caractère social ou du soin, pour « tenir le coup[12] », assumer le cas suivant, ou se recentrer.

 

Réorganiser la vie au travail

C’est ce qu’évoquait le 1er ministre ce 28 avril dernier, le travail, l’activité doit pouvoir être aménagé(e) pour respecter les règles de sécurité à l’intérieur des entreprises. 

Mais alors quid du « petit-café » face aux précautions sanitaires, aux distances et aux gestes barrières ? 

De nombreuses entreprises sont encore réticentes en cette période de post-confinement, alors que le ministère du travail a souligné le caractère indispensable de la réouverture des salles de pause et de convivialité, comprenant l’utilisation des distributeurs de café et boissons chaudes. La pause-café est d’ailleurs, dans le discours institutionnel, replacée « comme contribuant au confort des salariés », moyennant des conditions d’hygiène optimales, évidemment. La Médecine du travail s’est également déclarée favorable à « l’accès aux distributeurs de boissons ». 

Alors il faudra nous adapter, à des pauses plus courtes, au principe du roulement _ pour laisser la place aux autres collègues _ car un nombre restreint de personnes pourront profiter de cette coupure en même temps. 

Pour le moment, les salariés sont invités à préférer le « work take away », qui consiste à prendre son café à la machine pour le boire à son poste de travail, ou de respecter la distanciation sociale pendant la pause, matérialisée par un marquage au sol[13]. Evidemment, nous perdrons en spontanéité, en « bruits » et confidences, en informations informelles glanées, en décloisonnement libre et aléatoire… Une situation que nous espérons transitoire.

 

Mettre à disposition voire offrir du café, en entreprise ou à l’extérieur, est une pratique à remettre en place et préserver, même si le temps est à l’effort collectif à distance, et aux gestes-barrière. 

Le café au travail, en entreprise, un petit geste mais grand symbole, de reconnaissance et considération, sera tout particulièrement apprécié à la suite de la période difficile que nous avons traversée, pour nous réconforter, recréer du lien et « dynamiser la reprise d’activité ».

 

---- Marie-Christine Abatte ----

Psychologue du travail - consultante, formatrice & thérapeute

 


 

[1]Marc Loriol, sociologue au CNRS et spécialiste du stress au travail : https://www.la-croix.com/Economie/Economie-et-entreprises/pause-cafe-temps-decompression-pas-recreation-2019-11-04-1201058314

[2] Article L3121-33 du code du travail

[3] file:///C:/Users/chris/Downloads/263-820-1-PB%20(1).pdf

[4] Yves ClotArnaud Stimec « Le dialogue a une vertu mutative », les apports de la clinique de l'activité - Dans Négociations 2013/1 (n° 19).

[5] Le « genre », approfondi par les travaux d’Yves Clôt est une « mémoire impersonnelle et collective ».  Elle permet au professionnel d’appréhender les « manières de se tenir, manières de s'adresser, manières de commencer une activité et de la finir […] un répertoire d'actes convenus ou déplacés que l'histoire de ce milieu a retenu, […] un prêt à agir » (Clôt et al., 2000). Dans mémoire de fin de cycle M-Christine Abatte Cnam 2015.

[6] Selon une enquête Lavazza, étude de 2018

[7] Etude IFOP réalisée en 2014, Nespresso sur l’impact sociétal de la pause-café dans les entreprises françaises.

[8]  Enquête IFOP

[9] Publicité Nescafé ‘’It all starts with a Nescafé’

[10] Pause-café », une série télévisée avec Véronique Jeannot qui interprète Joëlle Mazart, une assistante sociale, en 1980 : Dans le synopsis de la série télévisée, c’est par cette pratique révolutionnaire à l’époque _ qui s’est largement répandue dans tous le champ social _ qu’une jeune femme commence sa carrière d'assistante sociale dans un grand lycée d'enseignement général ; elle y gagne la confiance des élèves en les accueillant dans son bureau autour d'une tasse de café. Mais elle entre aussi rapidement en conflit avec le proviseur du lycée, à cause de ses méthodes trop révolutionnaires et trop permissives à son gout. Source : Wikipedia.

[11] Intervention en centre social auprès de conseillers en insertion socioprofessionnelle 2013-2014 – Mémoire de fin de cycle.

[12] Olivier Chambon, Laurent Huguelit « Le Chamane & le Psy : Un dialogue entre deux mondes, Mama éditions 2011.

[13] Source maxicoffee.com

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