• Se libérer
    Se libérer

    Intégrer des expériences difficiles par l'hypnose intégrative®, la thérapie par les mouvements oculaires, l'intégration du cycle de la vie ICV®.

  • Comprendre et transformer
    Comprendre et transformer

    Se libérer des troubles somatiques par les psycho-bio-thérapies ou thérapies émotionnelles, orientées vers le développement, la transformation, et l'évolution.

  • S'épanouir
    S'épanouir

    Préserver sa santé au travail par la psychologie du travail et de l'activité, développer de nouveaux horizons avec les bilans professionnels et bilans d'orientation.

Marie-Christine Abatte

L'apparence requiert art et finesse. La vérité, calme et simplicité.

Emmanuel KANT

Psychologue, thérapeute émotionnelle, clinicienne de l'activité, j'aide les personnes qui le souhaitent à retrouver du sens, un nouvel équilibre, un mieux-être, un développement, ou une nouvelle direction à leur parcours de vie.

Signature de M-Christine Abatte - Psychologue

Des questions ?

N'hésitez pas à me contacter pour toute demande d'information.
M-CHristine Abatte - Psychologie du travail

Vie professionnelle

Spécialisée en clinique de l'activité et en bilan de compétences, j'accompagne depuis plus de 10 ans les jeunes dans leur orientation, les entreprises dans leur développement et les professionnels dans leurs projets d'évolution professionnelle. L'originalité de ma pratique réside dans la pluralité des méthodes employées et des combinaisons possibles pour agir avec pertinence sur vos besoins.

  • orientation
  • stress au travail & burn-out

Pour les jeunes, collégiens, lycéens, étudiants post-bac, jusqu'à 20 ans : vous souhaitez être accompagné(e) pour vous orienter et trouver un projet qui vous ressemble ?

Pour les actifs (salariés, non-salariés) : vous souhaitez vous réorienter, rebondir après une période difficile, retrouver une dynamique de carrière, ou évoluer professionnellement ?

en savoir +
M-CHristine Abatte - Thérapies complémentaires

Vie personnelle

Mon approche réunit différentes méthodes thérapeutiques et cliniques, en considérant la personne dans sa globalité, et en intégrant son univers dans une démarche sur mesure pour l'accompagner au mieux sur son chemin. Ma boîte à outils est évolutive, je me forme régulièrement et acquiers de nouvelles pratiques et techniques.

  • hypnose
    RITMO®
  • ICV®
  • Thérapies
    émotionnelles
  • Thérapies
    des schémas

L'Intégration du Cycle de la Vie® est une technique nouvelle issue des avancées des neurosciences qui permet, sur quelques séances, de réparer un évènement précis et, sur un temps plus long, d'apporter un apaisement et une base de sécurité dans le cas de traumatismes complexes.

en savoir +
LE PLI DU PSY

Articles récents

SE DEBARRASSER D’UN PASSE DOULOUREUX

Dans cet article j’ai envie à nouveau d’ouvrir ma boite à outils thérapeutiques et de présenter de façon simple et accessible, un de mes outils : l’ICV[1].  Je m’appuierais sur la synthèse de deux autres articles, l’un paru dans le journal L’Express en 2017 « Thérapie brève : « L'ICV permet de comprendre comment le passé affecte le présent[2] » par Leslie Rezzoug, et celui rédigé par Aurore Aimelet _ retranscription d’une interview de la Psychologue ICViste Johanna Smith[3] _ « L’ICV permet de laisser derrière soi un passé douloureux[4] », article paru dans Psychologie magazine de juin dernier.

Qu'est-ce que l'ICV ? L’acronyme ICV pour Intégration du Cycle de la Vie (ou Lifespan Integration en anglais), désigne une méthode de thérapie psycho-corporelle créée par une américaine Peggy Pace, aux débuts des années 2000[5]. » Il s’agit d’une thérapie psycho-corporelle qui repose sur la capacité du système corps-esprit de se guérir lui-même. Cette approche est basée sur la répétition d'une liste chronologique de souvenirs depuis la naissance jusqu'à aujourd'hui, afin de contribuer à l’intégration neuronale, et une guérison profonde d’un large panel de symptômes, chez les patients de tous âges.  

 

Passé présent

L'ICV était, au départ, destinée à aider les personnes ayant vécu des traumatismes lourds, comme des attentats par exemple.  Pour la psychologue Joanna Smith, l’Intégration du cycle de la vie et son outil original, la « ligne du temps », remettent les souvenirs à leur place. En 2010, Joanna Smith découvre les travaux de Peggy Pace, une psychologue et thérapeute de l'Etat de Washington, qui depuis 2002 développe avec ses clients la technique de l'Intégration du Cycle de la Vie (ICV) dans son cabinet privé. : « Alors que je travaille en tant que psychologue en hôpital psychiatrique, et curieuse de ses résultats plutôt encourageants, je propose l’Intégration du cycle de la vie à plusieurs de mes patients qui, après un passé douloureux, présentent des troubles anxieux invalidants. En effet, lorsque nous avons vécu un traumatisme ou souffert de carences affectives, notre esprit a beau savoir que ces événements appartiennent au passé, ils résonnent au présent, et nous adoptons des mécanismes de défense automatiques inappropriés. »

Mais comment se manifeste ce passé douloureux dans notre présent ? Effectivement des événements éprouvants ou traumatisants du passé, même lointains comme ceux de la toute petite enfance, impactent encore le présent de certaines personnes. Je prendrais l’exemple de ce jeune entrepreneur qui après avoir eu un accident de voiture, avait beaucoup de difficultés à conduire et même à entrer dans un véhicule, alors que cela était tout à fait indispensable pour son travail. Ou encore de cette femme qui a souffert d’une enfance difficile auprès de parents négligents, sans réellement en mesurer l’impact profond, et qui devenue adulte craint l’engagement et sabote ses relations. 

 

Traverser sa vie

C’est un peu comme si le cerveau n’avait pas intégré que c’était fini, et qu’il continue à vivre la charge traumatique de l’événement au présent. L’idée de l’ICV est de faire traverser un à un les souvenirs pour communiquer, non plus seulement à l’esprit mais au corps lui-même, l’information du temps qui a passé et que c’est terminé. 

L’objectif est de permettre à notre système _ le système « corps-esprit » _ d’intégrer les événements, les positionner au passé, à leur place véritable. « J’ai constaté que ce voyage dans le passé diminuait la charge émotionnelle des souvenirs douloureux de mes patients. […]. Lorsque je rencontre un patient, je cherche à comprendre si ses symptômes (stress, difficultés relationnelles, conduites addictives ou évitantes) sont liés à un ou plusieurs traumatismes ou, deuxième grande indication de l’ICV, à un trouble de l’attachement et à une mauvaise régulation des émotions. […] Ensuite je présente au patient le cadre de la thérapie, j’explique le concept de mémoire traumatique et l’approche de l’ICV, dont la “ligne du temps” est l’outil principal : Concrètement, il s’agit de dresser une liste de souvenirs chronologiques pour reconstituer son histoire. […] Ce peut être le cas d’un patient qui, élevé par un père très autoritaire, a du mal à s’affirmer ; ou d’une patiente qui souffre d’attaques de panique, n’ayant pu construire un sentiment de sécurité suffisamment solide auprès de parents très anxieux. Dans ces cas-là, nous allons remonter le temps au tout début de l’enfance. Parce qu’il n’existe pas de souvenirs précis de cette période, je vais faire imaginer au patient son développement vraisemblable : à 1 an, il commençait à se mettre debout, à 2 ans, il parlait, etc… » (Joanna Smith).

 

Une machine à remonter le temps issue de l’EMDR…

Au début des années 2000, la psychothérapeute américaine Peggy Pace utilise l’EMDR[6], une méthode consistant à réactiver un souvenir traumatique pour en diminuer la charge émotionnelle. Elle remarque alors que certains patients restent comme « bloqués » dans le passé. En les aidant à retraverser les événements de leur vie, elle observe une amélioration. Elle développe alors l’Intégration du cycle de la vie[7] (Lifespan Integration), qui s’appuie sur un nouvel outil thérapeutique, la ligne du temps.

Comme avec d’autres approches thérapeutiques, les résultats en ICV vont dépendre de l'objectif de chaque sujet. Dans le cas d'un traumatisme lourd, il s'agira de désamorcer les pics d'angoisse et autres manifestations douloureuses pour le patient. « On peut dire que l'on est traumatisé quand on se sent impuissant, incapable de gérer sa douleur pendant une longue durée », explique Joanna Smith. Au-delà d'un certain niveau de stress, notre système nerveux se désactive. On est comme engourdi, anesthésié, ou gelé. Pour se sortir de cet engrenage, il faut pouvoir réintégrer l'événement dans son histoire autobiographique, et pouvoir progressivement s’y connecter un peu plus calmement. « Pour les problèmes liés à l'attachement, le processus est différent : on va apprendre aux patients « carencés » en affection à prendre soin d'eux, à se redonner de l'attention et de la tendresse. Il s'agit d'un travail de fond qui se fait sur plusieurs séances. » (Joanna Smith)

L'ICV se base donc sur le constat que la remémoration d'un traumatisme active des sensations dans le corps, comme si ce dernier était resté bloqué au moment de l'événement douloureux sans pouvoir s'en libérer, alors que la partie rationnelle du cerveau sait pourtant que tout cela est bel et bien terminé. Le but de la thérapie ICV est donc de permettre au cerveau d'assimiler ces informations et d'apaiser le corps en lui faisant prendre conscience qu'il n'est plus dans la situation traumatisante. 

 

… pour augmenter les connections neuronales

L'intégration du traumatisme au niveau neuronal est possible grâce à la neurosplasticité du cerveau, c'est-à-dire à sa capacité de se restructurer neuronalement tout au long de la vie. L'ICV se base également sur le postulat neuroscientifique de Hebb[8] selon lequel "des neurones qui se stimulent en même temps sont des neurones qui se lient ensemble" ("neurons that fire together wire together ").

L'approche thérapeutique d'Intégration du Cycle de la vie a recours à l'imaginaire, ce qui est fondé sur les recherches neuroscientifiques des années 90 démontrant que le cerveau ne fait pas la différence entre ce qu'il vit réellement et ce qu'il imagine. L'ICV s'appuie sur les recherches qui postulent que l'intégration neuronale de l'enfant en développement se développe grâce à la co-construction du récit autobiographique entre les parents et l’enfant. Ce sont les répétitions de ce voyage chronologique à chaque séance qui vont engendrer une prise de conscience et prouver au cerveau _ et surtout au corps _ que le passé est bien passé. Il dure moins de trois séances pour un traumatisme simple et peut prendre quelques années en cas de troubles importants de l’attachement, même si les symptômes s’améliorent souvent dès les premières semaines. « Le patient entre en thérapie parce qu’il souffre, même s’il “sait” que son passé est loin derrière lui ; il en sort lorsqu’il “sent” que son passé est derrière lui et que, en conséquence, il souffre moins. » (Joanna Smith)

 

« Le traumatisme fait partie de la vie. Et le corps en garde les traces et une mémoire qui imprègne nos émotions[9] » (Van Der Kolk). L’ICV s’avère donc être une approche de pointe pour traiter l’attachement, les problèmes de régulation émotionnelle et les traumas, notamment liés à des événements dont on ne garde aucun souvenir car ayant eu lieu avant l’apparition du langage (traumas pré-verbaux). Mais fort heureusement, si « le corps n’oublie rien » il a la capacité, avec un peu d’aide, de s’auto-guérir.

 

---- Marie-Christine Abatte ----

Psychologue & thérapeute 

 

[1]L’intégration du cycle de la vie ou ICV (ou encore Lifespan integration en anglais) est une approche thérapeutique créée aux Etats-Unis en 2002. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Int%C3%A9gration_du_cycle_de_la_vie

[2] Article publié le 30/04/2017 : https://www.lexpress.fr/styles/psycho/therapie-breve-l-icv-permet-de-comprendre-comment-le-passe-affecte-le-present_1897506.html

[3] Joanna Smith, 2016. Psychothérapie de la dissociation et du trauma, Ouvrage collectif, Dunod

[4] « L’ICV permet de laisser derrière soi un passé douloureux », mis à jour le 24 juin 2021 par Aurore Aimelet https://www.psychologies.com/Therapies/Toutes-les-therapies/Therapies-breves/Articles-et-Dossiers/L-ICV-permet-de-laisser-derriere-soi-un-passe-douloureux#xtor=EPR-50

[5] P. Pace l'a théorisé dans son livre « Lifespan Integration : connecting Ego States through time » publié en 2003 et traduit en français en 2014 sous le titre « Pratiquer l'ICV (Dunod)

[6] Les initiales EMDR signifient « eye movement desensitization and reprocessing » c’est-à-dire désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires.

[7] Association francophone d’ICV (aficv.com)

[8]Donald Hebb, né à Chester, en 1904 et mort en 1985 dans la même ville, est un psychologue et neuropsychologue canadien. Ses travaux sur l'apprentissage par des réseaux de neurones artificiels ont eu une influence décisive sur les neurosciences cognitives et l'intelligence artificielle.

[9] « Le Corps n’oublie rien : Le cerveau, l’esprit et le corps dans la guérison du traumatisme » de Bessel van der Kolk chez Albin Michel. Bessel van der Kolk est un psychiatre américain d’origine néerlandaise, spécialiste du syndrome de stress post-traumatique, professeur de psychiatrie à la Boston University, et qui a fondé le Trauma Center de Boston.

Lire l'article  

NOUVELLE RENTREE 2021 : DEFUSIONNER POUR EVOLUER

Depuis plusieurs semaines déjà, les prospectus et spots publicitaires nous ont tirés de nos chaises longues et siestes estivales pour sonner le moment de la reprise du travail ou des cours ; fournitures scolaires, blousons et équipements de sport remplissaient depuis fin août nos boîtes aux lettres alors que l’été était encore là. Et déjà, questionnements, projections anticipatoires, ruminations, inquiétudes, le mental et sa machine à pensées reprenaient du service. 

C’est la rentrée, une période pour se projeter dans les semaines ou mois à venir, réfléchir à ce que nous souhaitons vivre en cette nouvelle année qui commence, particulièrement après ces 18 mois éprouvants, insolites et interminables de la crise sanitaire. Sans être scolaire ou universitaire, nous avons conservé en nous cette trace, ce rythme dit « scolaire », un cycle qui correspond à celui des saisons et rythmes de la nature. 

« C’est la fin de l’été » chantait Françoise Hardy « je ne suis plus la même, […] qu’y a-t-il de changé ? »

 

Fruits mûrs

En effet, après l’équinoxe de printemps qui réveille les rythmes biologiques comme les projets, puis le solstice d’été, où arrive à maturité les fruits et les réalisations, nous nous dirigeons vers l’équinoxe[1] d’automne (ce prochain mercredi 22 septembre 2021 à 21h21).

Dans certaines cultures ancestrales, comme la culture amérindienne, les équinoxes et les solstices sont des moments de charnière saisonnière, de changement de modes _ pensées et comportements _ dont la nature peut éclairer le sens : L’équinoxe d’automne « suit la période des moissons, des récoltes, des vendanges, et précède celle de la chute des feuilles[2]", Certaines personnes sont d’ailleurs sensibles à ces passages d’intersaison qui leur procurent un flottement émotionnel inconfortable. Pour d’autres, l’équinoxe d’automne est une période de maturité, là où nous sommes possiblement mûrs pour faire évoluer notre approche de la vie, nos comportements, pour changer de perspectives, voire de logiciel. En cette période de rentrée, j’ai eu envie d’ouvrir ma boîte à outils de thérapeute et de présenter la thérapie ACT.

 

Acceptation et engagement

L’ACT (Acceptance and Comitment Therapy)  a été développée aux Etats-Unis par Steven C. Hayes de l’Université du Nevada, Kelly Wilson de l’Université du Mississipi et Russ Harris en Australie. Ce courant fait partie de la troisième vague des Thérapies Cognitives et Comportementales, ou TCC.

L’acceptation et l’engagement, sont les 2 mots-clés de cette approche thérapeutique, car elle dégage 2 axes fondamentaux :

  • Accepter ce que l’on ne peut changer, ce qui est hors de contrôle,
  • S’engager vers des comportements et des actions qui vont vers ce qui est important pour nous.

La thérapie ACT utilise des stratégies d’acceptation et de pleine conscience. Ces techniques nous apprennent à rétablir une relation plus saine avec nos pensées, à accueillir les émotions et sensations corporelles comme des messagères utiles, sans plus être redoutées ou évitées. 

L’efficacité de l’ACT est reconnue scientifiquement dans le soulagement des troubles anxieux, les troubles obsessionnels compulsifs, la dépression, les douleurs chroniques, le stress professionnel[3]

 

De la rigidité à la flexibilité

La rigidité psychologique, c’est l’impossibilité ou la grande difficulté à changer (« Je le sais, mais c’est plus fort que moi ! »). Sortir de ce cercle vicieux commence par observer nos stratégies d’évitement pour nous débarrasser des émotions, pensées et sensations difficiles, par lequel nous espérons ne plus revivre ces moments douloureux. Si les comportements d’évitement peuvent parfois se retrouver fonctionnels (comme prendre de l’aspirine pour éliminer des maux de tête), d’autres deviennent plus problématiques que les expériences douloureuses qu’ils cherchent à dominer (la fuite chez une personne phobique, la consommation de substances pour éliminer des affects négatifs…). 

Destructrices à long terme, ces stratégies sont efficaces à court terme pour apporter un soulagement plus ou moins grand.

 

Dé-fusion des fusions

Lucille était fatiguée en rentrant vendredi soir ; et malgré le voyant orange de sa jauge de carburant, elle a préféré rentrer pour se reposer, se disant qu’elle ferait le plein avant d’aller travailler lundi matin. Oubliant qu’elle devait se rendre plus tôt à son travail ce lundi-là, elle arrive en retard, à cause de son passage à la station-service. « Quelle idiote ! Mais quelle gourde ! » se dit-elle, elle s’invective, ses tempes se serrent, elle a mal à la tête ; elle est vraiment en colère après elle-même, se disant qu’elle a été négligente et qu’elle aurait pu éviter tout cela. A se demander si elle est vraiment à la hauteur de cette nouvelle mission que son responsable vient de lui confier. « Je ne suis pas concentrée, si j’oublie tout, je vais tout faire échouer ». 

Lucille fusionne avec sa pensée (moi = idiote, moi = gourde, moi = oublie tout, moi = échouer), et se laisse gouverner par elle ; elle devra travailler cette « expérience » pour amener dans la conscience la pensée (Quelle idiote ! Quelle gourde !), l’émotion (colère contre soi), la sensation corporelle (tempes qui serrent, mal à la tête).

 

Quand on applique son modèle de pensée au « mot-à-mot », on finit par s’y conformer, de façon automatique, comme une vérité absolue. C’est la fusion avec nos pensées.  Nous avons tendance à confondre nos pensées avec la réalité, et certaines de nos pensées sont douloureuses car elles sont empreintes de jugements ou de souvenirs d’expériences pénibles. S’il existe des confusions entre nos constructions intérieures et le monde extérieur, force est de constater que nos interprétations sont parfois assez éloignées de la réalité objective[4].

Schoendorff[5] nous le démontre très simplement : Pensez à un fruit bien mûr et juteux, une pêche par exemple ; vous faites l’expérience sensorielle directe du fruit mûr qui vous fait immanquablement saliver. Maintenant imaginez une pêche pourrie, cette expérience sensorielle là vous soulèvera probablement le cœur… Autrement dit certaines pensées ou images peuvent acquérir les mêmes fonctions et forces que l’expérience directe, et provoquer les mêmes réactions.

Le mode de pensées et comportements automatique est souvent lié au concept de soi (« Je ne suis pas intéressant », « on va se moquer de moi », « je suis trop maladroite » …). Ces croyances statiques sur/de soi, construites de manière excessive, amènent à se comporter de façon à valider et confirmer ces vérités fabriquées. Prendre conscience de ce qui se déroule en nous permet de ramener ces éléments à la conscience, les interroger, de défusionner avec ces pensées automatiques et inconscientes. 

 

La boussole pour s’orienter vers ce qui est important pour soi

Le thérapeute formé à l'ACT, aide à défusionner des fonctionnements récurrents, appris, cristallisés, dont le but était l’évitement de l’inconfort ou de la douleur, des émotions source de déplaisir voir de souffrance. Car cet évitement de situations finit par éloigner l’individu de ce qui compte vraiment pour lui, l’amenant vers plus de frustration et de souffrance. En somme, il s'agit d'un mécanisme verrouillant. 

Nous ne sommes pas nos pensées, nos émotions, nous avons une pensée qui dit ceci ou cela, nous ressentons une émotion de (peur, colère, tristesse…) qui nous indique qu’une action est nécessaire. 

« Qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ? » De ce type de questionnement nous pouvons définir de nouvelles orientations, des actions d’engagement vers nos valeurs pour remplacer les actions d’évitement qui nous en éloignaient. En résumé, la flexibilité psychologique, c’est l’aptitude à entreprendre des actions importantes pour soi, même en présence d’événements psychologiques perçus comme négatifs.

 

L'ACT favorise la flexibilité en accompagnant chaque individu à volontairement accepter ses émotions, ou pensées « négatives », (re)créer une distance d’observation, pour avancer vers ce qui compte vraiment pour lui, en fonction de ses contextes de vie. L’objectif à atteindre et développer est « la flexibilité psychologique et comportementale », c’est-à-dire la capacité de changer, d’ajuster ses comportements afin de pouvoir initier et tenir dans l’instant présent les actions déterminantes pour soi. 

La thérapie ACT permet passer de la réaction à l'action, de sortir du système de pensées habituel et rigide, désenclencher le mode « pilote automatique » et reprendre les commandes manuelles. C’est réinvestir l’énergie en la concentrant vers les évolutions et les changements souhaités. « Embrasser l’inconfort d’exister, au lieu de s’épuiser à tenter d’échapper à sa propre expérience, et donc dégager l’énergie qui permettra de se rapprocher de ce qui compte réellement pour soi. » (Dr François Bourgognon et Dr Claude Penet, psychiatres et psychothérapeutes).

 

---- Marie-Christine Abatte ----

Psychologue & thérapeute


 

[1] Définition astronomique précise la conception préscientifique selon laquelle l'équinoxe est le moment où la durée du jour est égale à celle de la nuit.

[2] « Aux rythmes de notre Terre-Mère », Catherine Sorolla Menassieu, éd. Trajectoire. 

[3] « La thérapie d’acceptation et d’engagement », Bourgognon F., Penet, C. Editions Que sais-je ?

[4] Bourgognon, 2019

[5]Schoendorff et alii, 2011

Lire l'article  

CHOISIR DE VIVRE APRES LE DEUIL : PARCOURS ET PROCESSUS

Le thème du deuil pourrait sembler peu approprié pour la saison estivale en ce début de mois de juillet. L’heure est en effet, aux bains de soleil, aux retrouvailles sociales, aux déconfinements, au lever de mesures de restriction, à la légèreté et à la liberté recouvrées... C’est justement le sujet de la perte et le délitement des liens sociaux de cette post-pandémie qui m’a encouragée à écrire un article sur le thème du deuil, car la création de liens sociaux et de liens d’attachement se révèlent plus que jamais être indispensables pour notre survie et notre bien-être.

La peine, la tristesse et la souffrance occasionnées par la perte d’un proche _ lorsque ce lien est rompu dans le cas du deuil _ sont douloureuses mais normales. L’être humain, qui est un animal social par excellence, vit le deuil comme d’autres mammifères sociaux et intelligents _ la baleine, le dauphin, ou l’éléphant. Mais si « faire son deuil » est une construction de l’esprit humain, c’est aussi une expression qui sous-entend une injonction à « passer [rapidement] à autre chose » ; si le deuil est une réaction normale, il est aussi un processus complexe, nécessaire pour se projeter dans le futur et dans sa vie, qui s’accompagne sans en entraver ou en accélérer le mouvement.

 

Emotions qui travaillent

Le « travail de deuil » énoncé par Freud, a peu à peu cédé la place au concept de « faire son deuil » ; cela implique en substance d’aller vers l’évacuation rapide de sa peine pour ne plus impacter les autres avec sa souffrance. Selon la psychanalyste M-Frédérique Bacqué, professeure de psychopathologie et présidente de la Société de thanatologie[1], cette permutation est directement liée à la tentative permanente du refoulement psychique. Dans notre société d’immédiateté, de divertissement, de performance et d’affichage social, le deuil incommode : l’endeuillé _ comme le mal-portant _ dérange les bien-portants dans leur démarche inconsciente d’oublier la mort et la souffrance. Or, comme l’évoque la psychanalyste, « pour revenir à la vie, il faut aller à travers le chagrin, avancer dans son deuil et l’intégrer ; cela demande dans un premier temps de lâcher le refus, la maîtrise, afin de pouvoir vivre ses émotions et la réalité de la perte ».

Le mot « deuil » désigne la période pendant laquelle une personne ressent une grande tristesse ou de la douleur à la suite de la perte d’un être cher, parent, enfant, conjoint, ami. Le « deuil » désigne également l’ensemble des réactions psychologiques suite à la perte d’un proche. S’il n’existe pas de modèle type ni de statistiques affinées, on peut dire qu’un tiers des personnes endeuillées vivent des périodes de détresse très intense. Pour un autre tiers, la détresse et la douleur seront modérées ; pour le dernier tiers, ces personnes réussissent à accepter rapidement la perte de l’être cher, vivent une détresse légère et reprennent plus tôt leurs activités. Il arrive également que le deuil s’installe de façon différée, plusieurs mois après le décès du proche, on parle ainsi de deuil tardif.

Le deuil peut faire suite à différentes pertes : bien sûr on pense au décès du conjoint, d’un parent, d’un enfant, d’un ami… Parfois d’autres situations déclenchent des réactions de choc et de détresse semblables à une rection de deuil, comme la mort d’un animal de compagnie, une détérioration importante de l’état de santé, la perte d’emploi ou la retraite, les divorces et séparations…

 

Le deuil n’est pas une maladie

Le deuil est une réaction normale. Parce que le deuil à proprement parler n’est pas une maladie, il ne nécessite ordinairement pas de médications ou de traitements psychologiques, sauf cas particulier. Le deuil est un processus qui ne doit pas être entravé : il n’est pas pertinent, bien au contraire, de gommer le chagrin, car il fait partie intégrante du processus d’adaptation affectif normal à la suite de la perte d’un proche. 

Car l’objectif n’est pas d’oublier l’être aimé décédé, ni de mettre en pause l’amour ou l’affection que nous avons pour lui. Si l’intensité de la souffrance du deuil peut exceptionnellement dépasser en intensité la dépression, ce n’est pas pour autant comparable. En effet, d’après le DSM-5[2], « le deuil se différencie de la dépression du fait que le deuil se manifeste par vagues d’émotions, tandis que la dépression majeure est caractérisée par une humeur négative constante. Dans le cas du deuil, la personne endeuillée conserve habituellement une estime de soi positive et les réactions qui accompagnent le deuil sont reliées à la perte d’un être cher, tandis que la dépression englobe une perception négative de soi beaucoup plus vaste ».

 

A travers les cinq étapes du chagrin 

La psychiatre et psychologue américaine Elisabeth Kübler-Ross (1926-2004), a travaillé toute sa vie sur l’accompagnement des mourants. L’une de ses découvertes majeures est l'identification et la formalisation des cinq étapes du chagrin (five stages of grief) que traverse l’individu confronté à la perte d’un être cher ou à l’imminence de sa propre mort. Telle personne pourra vivre ces étapes dans le désordre ;  telle autre n'en vivra que certaines d’entre elles, comme par exemple la colère, la dépression et l’acceptation :

- Le déni (denial) : ce n’est pas vrai, c’est impossible.
- La colère (anger) : pourquoi lui (moi) ? C’est injuste !
- Le marchandage (bargaining) : laissez-le (ou moi) vivre encore au moins un an, si je m’en sors (ou s’il s’en sort), je changerai tout dans ma vie.
- La dépression (depression) : tout est perdu, rien n’a plus d’importance, je suis déjà mort.
- L’acceptation (acceptance) : je comprends et accepte que c’est comme ça, je sens une forme d’apaisement en moi.

 

Temps long et processus

La durée du deuil n’est pas standard ou définie ; en effet elle est fonction de l’individu mais aussi de sa culture, son milieu social, des circonstances du décès, du lien… La douleur “normale” qui accompagne la mort d’un proche peut être très intense. On rencontre chez de nombreux endeuillés une première étape de choc, d’engourdissement. Puis vient une période de tristesse et de souffrance intense, voire de colère, une humeur dépressive importante les mois suivants. Mais à mesure que se concrétise l’acceptation du décès du proche, souvent à la fin de la première année, les réactions de détresse associées à l’absence de l’être cher diminuent progressivement.

L’objectif est de laisser se dérouler le processus en vue de pouvoir reprendre ses activités normales. La personne endeuillée pourra rencontrer des épisodes de grande tristesse, de la fatigue importante, des troubles du sommeil ou de l’appétit, une baisse de la motivation et de la concentration. La première année est cruciale pour la personne qui vit le deuil : les anniversaires, les moments festifs, particulièrement le premier anniversaire du décès qui marque le plus souvent une diminution de l’intensité des réactions ; la personne a repris ses activités, et a recouvré une humeur plus régulière. Il pourra subsister, même après plusieurs années, des épisodes brefs de chagrin, en particulier lors des anniversaires ou dates particulières. Enfin, arrive le moment où le psychisme de l’endeuillé devra choisir entre la poursuite du destin de « l’objet » perdu dans la mort, ou bien la rupture de ce lien en se réinvestissant dans la vie.

 

S’inquiéter d’un deuil long, compliqué ou figé ?

On considère qu’il faut au moins un an pour se rétablir d’un deuil difficile, en cas de disparition brutale, violente ou précoce, comme celle d’un enfant par exemple. Il est important de rappeler, encore une fois, qu’il n’existe pas une règle ou une norme, mais au contraire une grande variété de situations, contextes, âges, et réactions au deuil. 

Cependant, dans le cas d’un deuil compliqué ou figé, la personne ne progresse plus et s’isole, le processus de deuil est bloqué. La personne endeuillée est habitée sur des mois voire des années par des reviviscences et des souvenirs douloureux, les émotions de tristesse et de colère se cristallisant. Il existe une sensation de vide, de vacuité de la vie, de solitude, d’isolement, sans pouvoir accepter la réalité de la perte. L’inacceptation de la mort du défunt conduit à l’installation de mécanismes d’évitement : des moments (rassemblements familiaux, événements festifs), des lieux qui rappellent le défunt, souvent les lieux de soins, d’inhumation, de crémation ou de culte. La personne a une difficulté voire une impossibilité d’acceptation de la disparition du défunt. C’est souvent l’entourage qui constate que la durée de la souffrance du deuil se prolonge de façon problématique, atteignant le sujet dans ses relations et ses activités. Selon la CIM-11[3] de l’Organisation mondiale de la santé, le trouble de deuil prolongé fait partie d’une catégorie diagnostique à part, pour lequel il existe plusieurs controverses.  Dans la CIM-11, le trouble de deuil prolongé est considéré comme une réaction de stress aigu, semblable au trouble d’adaptation[4]

Plusieurs thérapies (TCC, ACT, ICV, EMDR[5]…) sont utilisées et adaptées pour explorer les blocages et les conséquences de la perte : mécanismes de culpabilité, possibles « déchets relationnels », spirale de l’évitement qui accroit la réactivité aux émotions pénibles associées au deuil, intégration du deuil et de sa charge traumatique. 

Comme l’explique M-Frédérique Bacqué, le soutien de l’entourage est déterminant : « Souvent, les proches, famille ou amis, sont dans la fuite de l’endeuillé parce qu’ils ne savent pas quoi dire, mais il n’y a pas grand-chose à dire en vérité, le plus beau des cadeaux qu’ils puissent lui faire est d’écouter. Et d’éviter les formules toutes faites (il/elle est parti(e) de sa belle mort, il/elle n’a pas souffert, il/elle a bien vécu…) ou les conseils de vie (tu devrais sortir, te changer les idées…) parce que, de toute façon, il ne les entend pas et, pire, il les vit comme le déni de sa douleur. » 

 

Le deuil est donc plus un processus de guérison et de cicatrisation. C’est cette guérison qui nous rapproche de l’être aimé. Un nouveau lien se créé avec le proche disparu, une relation qui n’est plus physique, mais où le défunt vit dans le cœur. 

C’est cette énergie retrouvée qui permet de s’investir à nouveau dans la vie. 

Pour aller plus loin, je recommande le documentaire initiatique « Et je choisis de vivre[6] » https://etjechoisisdevivre.fr/

 

---- Marie-Christine Abatte ----

Psychologue & thérapeute
 

[1] mort-thanatologie-france.com, M-Frédérique Bacqué auteure du Deuil à vivre (Odile Jacob, 2000)

[2] Manuel diagnostique de l’American Psychiatric Association. Le DSM-5 est, en février 2015, la dernière et cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l'Association Américaine de Psychiatrie (publié aux États-Unis, le 18 mai 2013)

[3] Classification internationale des maladies CIM-11

[4] Le DSM-5 de l’American Psychiatric Association propose une catégorie diagnostique similaire de trouble de deuil complexe persistant ; pour être reconnu comme tel, il doit s’être écoulé 12 mois après le décès. 

[5] TCC (Thérapies comportementales cognitives, ACT (Acceptance and Comitment Therapy), ICV (Intégration du Cycle de la Vie/Lifespan Integration), EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing)

[6] Et je choisis de vivre (avril 2019) : À tout juste 30 ans, Amande perd son enfant. Pour se reconstruire, elle entreprend alors un parcours initiatique dans la Drôme, accompagnée de son ami réalisateur, Nans Thomassey. Ensemble, et sous l'œil de la caméra, ils partent à la rencontre d'hommes et de femmes qui ont, comme Amande, vécu la perte d'un enfant. (Réalisateurs : Damien Boyer, Nans Thomassey

 

Lire l'article  

Seul, un médecin est habilité à poser des diagnostics, prescrire ou supprimer un traitement médical. Si vous avez un traitement, poursuivez-le : n'arrêtez jamais un traitement médical sans l'avis de votre médecin. Les accompagnements dont il est question ici ne sauraient se substituer à un traitement ou à un suivi médical.

Prendre rendez-vous en ligne sur Doctolib